{ Je me réveille, enroulé dans une couverture qui pue la merde et la clope. C'est le douce brise matinale qui me réveille et fait remonter les poils de mon dos. Je ne sais pas la température d'aujourd'hui mais elle doit être largement dans les négatifs, j'en suis sûr. Le temps de ranger ma couverture dans mon sac, de me gratter la barbe et de dire adieu à ce qui a été le temps d'une courte nuit, mon lieu de confort, et me revoîlà reparti sur les routes. Mon nez coule, le froid me fait mal aux yeux, j'ai les pieds et les mains gelés et mon ventre qui ne cesse de gargouiller. C'est ça l'hiver pour moi, pour des milliers d'autres personnes. Je m'en vais marcher le long d'un pont avec mes chaussures troués sous lesquelles j'ai enfilé deux paires de chaussettes chaudes, le sac à dos serré contre le dos, l'air rêveur en voyant ses personnes autour de moi me regardant, s'éloignant de moi comme si je n'étais pas humain. Ses personnes qui ont une famille, un toît, à manger, une voiture, un boulot. J'aime marcher. Je passe mes journées à marcher, sans but vraiment précis si ce n'est de trouver le paradis terrestre. Inexistant me direz-vous? Laissez-moi seulement en rêver. J'emprunte une rue marchande, très fréquenté par les gens de la société, à la recherche de quelques personnes bien sympathiques qui auront l'amabilité de peut-être me permettre de déjeuner... }


